Les langues de l’Europe
Brexit ou pas, doux iou spique le globish ?

xavier combe
Monsieur Xavier Combe, interprète de conférence et traducteur, enseignant à l’université de Paris-X, président de l’Association française des interprètes de conférence indépendants (www.afici.fr)

Auteur de l’Anglais de l’Hexagone (l’Harmattan, 2009, Prix des mots d’or d’auteur de la francophonie) ; 11 + 1 propositions pour défendre le français (l’Harmattan, 2012).

Et si le référendum britannique était l’occasion de s’interroger sur l’emploi de l’anglais, du «globish» («GlobalEnglish») ? Qui est aussi la langue de la mondialisation. Contrairement au mythe de Babel, la malédiction serait que les hommes ne disposent plus que d’une seule langue, d’une unique et même façon de penser.

«Unis dans la diversité», telle est la devise de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Bien que l’Union européenne (UE) se targue de cette même devise, force est de constater que «Désunis dans l’adversité» décrit mieux la réalité actuelle du projet européen. Si la perspective du Brexit nous force à envisager ses conséquences économiques, sociales et politiques, elle nous donne aussi l’occasion de nous poser quelques questions d’ordres linguistique, culturel et idéologique.

L’anglais, ou plus précisément le globish (mot-valise formé à partir de Global et de English) est devenu la langue véhiculaire de la planète. La distinction entre langue vernaculaire et langue véhiculaire s’impose, tant la confusion est répandue en ce qui concerne l’anglais, qui cumule les deux statuts. La langue vernaculaire est la langue d’une communauté linguistique. La langue véhiculaire est un outil de communication entre les ressortissants de communautés linguistiques différentes. Au cours de son histoire, l’humanité a connu plusieurs langues véhiculaires, dont le latin, la lingua franca (ou «langue franque»), pratiquée par les marchands et les marins dans le bassin méditerranéen du Moyen Age jusqu’au XVIIIe siècle, l’espéranto et, donc, le globish.

Tout comme plusieurs milliers d’autres langues, l’anglais est une langue vernaculaire très riche, ancrée dans une culture immense. Le globish, lui, est un outil au vocabulaire indigent, dépourvu de nuances et qui supporte l’approximation grammaticale et syntaxique («l’anglais est une langue facile à parler mal», disait Churchill). Faute d’être une langue vernaculaire, le globish est une compétence, devenue indispensable dans de nombreux secteurs d’activité. Pour travailler dans l’économie mondialisée, on nous somme (mon correcteur d’orthographe, qui se croit intelligent, veut ajouter un «s» à «somme») d’avoir la maîtrise du globish, de même qu’on passe pour un crétin si on ne sait pas se servir du Pack Office de Microsoft.

Si le globish sert les échanges commerciaux, financiers, scientifiques ou techniques, dans le monde de la culture, des sciences humaines, du droit ou de l’art, il s’avère insuffisant. Idéalement, une langue véhiculaire devrait être neutre. C’est le cas de l’espéranto, créé à la fin du XIXe siècle par Ludwik Zamenhof. Seule langue construite qui est passée du stade de projet à celui de langue vivante (environ 2 millions de locuteurs), l’espéranto n’est ancré dans aucune culture et idéologie. A contrario, l’anglais est la langue du modèle économique hégémonique qu’est le néolibéralisme. Le globish est le déguisement véhiculaire de l’anglais, qui s’arroge le terrain linguistique que défriche jour après jour la mondialisation.

L’anglais et l’Union européenne

Rappel : l’allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l’UE, suivi de l’anglais (Royaume-Uni, Irlande et Malte), du français, de l’italien, de l’espagnol, du polonais et d’un peloton bigarré qui porte le total des langues officielles de l’UE à 24. Toutes les réunions à Bruxelles ne se font pas avec des interprètes et le globish, avatar mais aussi ambassadeur de l’anglais, érode ainsi peu à peu les langues vernaculaires des pays membres et il les contamine. De plus, même en présence d’interprètes, de nombreux eurocrates trouvent que ça fait bien de parler l’anglais (ou presque…). Du point de vue linguistique, les instances européennes sont ainsi de plus en plus le reflet de l’économie mondialisée, où le globish règne sans partage et nivelle la pensée par le bas (ce n’est pas en globish que l’on peut construire et partager une pensée sagace et pétillante sur les tenants et les aboutissants du concept de laïcité, de négritude, d’acquis sociaux, de terroir ou de tiers payant).

Si le Brexit n’a pas lieu¹, l’Europe continuera à parler la langue de l’Irlande, de Malte et du champion historique de l’euroscepticisme, même pas membre de la zone euro ou de l’espace Schengen et qui aura menacé de partir, non sans avoir demandé quelques faveurs.

Mais si le Brexit a lieu, l’Europe parlera-t-elle la langue de l’Irlande, pays champion de l’UE du dumping fiscal, et de Malte, dont la population équivaut à celle de la ville allemande de Bochum ? Y aura-t-il une prise de conscience au sein des institutions européennes ? Nos chers eurocrates se diront-ils : «On ne peut plus parler entre nous une langue si minoritaire dans l’Union, qui plus est d’un pays qui nous a quittés !». Est-ce que l’un d’eux ajoutera : «De surcroît, c’est la langue du modèle économique hégémonique qu’est le néolibéralisme. Nous devrions peut-être profiter du Brexit pour forger avec nos propres langues une idéologie nouvelle, plus juste et progressiste, ce que semble souhaiter bon nombre de citoyens européens» ? Comme dirait Coluche, «la réponse est dans la question, je ne fais qu’un seul voyage». Il est probable que les 27 membres restants vont continuer à s’entretenir de plus en plus en anglais (ou presque). Force est de reconnaître l’absurdité de la situation si cette langue n’est maternelle que pour les Maltais et les Irlandais qui, même ensemble, sont moins nombreux que les Slovaques.

En France

Le référendum sur le Brexit nous donne l’occasion de remettre en question le tout-anglais et de refonder l’enseignement des langues en augmentant la part de celles de nos voisins, à savoir l’allemand, l’italien et l’espagnol (menée à l’échelle européenne, une telle politique permettrait d’accroître le rayonnement du français), de celles des communautés linguistiques les plus présentes en France (le portugais, l’arabe) et du mandarin, étant donné l’importance économique croissante de la Chine.

Dans le mythe biblique de Babel, les hommes sont punis par Dieu car ils ont eu l’arrogance de vouloir bâtir une tour jusqu’au ciel. Dieu les condamne à parler dans une multitude de langues. À rebours de cette prétendue malédiction, il convient de redouter une tour de «Globabelish» où les hommes ne disposent plus que d’une seule langue, dénominateur véhiculaire commun dont la pauvreté et l’unicité du système de pensée étiolent leur esprit. De même que nous sentons que notre survie passe par le respect de la biodiversité, il faut défendre la multiplicité des langues. Comme le dit le linguiste Claude Hagège : «Défendre nos langues et leur diversité, notamment contre la domination d’une seule, c’est plus que défendre nos cultures, c’est défendre nos vies.»

Mieux qu’une simple compétence véhiculaire, la langue vernaculaire est le seul bien dont nous disposons pour former la pensée et partager les richesses immatérielles de l’esprit humain. Promouvoir les langues vernaculaires, c’est refuser l’uniformité et le nivellement par le bas, c’est hisser l’Union européenne à la hauteur de sa devise : «Unis dans la diversité». Repenser la politique linguistique européenne et développer les passerelles entre les langues et les cultures constitue une ambition noble et assurément moins arrogante que de vouloir bâtir jusqu’au ciel la tour d’une pensée unique.

Xavier Combe
Tribune parue dans Libé

¹ En théorie, c’est encore possible, quoique compliqué : les partisans d’un maintien dans l’Union étudient la question, des hommes d’affaires et des universitaires ont demandé à un cabinet d’avocat de lancer une procédure pour exiger que le Parlement se prononce à son tour sur le Brexit, une pétition réclamant un nouveau référendum a dépassé les 4 millions de signatures… (note de DLF)

Les langues de l’Europe
Brexit : exit globish ?

Tomorrow Never Knows

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Passé la surprise et le choc – qui croyait au Brexit ! – il faut maintenant se demander ce qui changera dans et pour l’Union européenne. Non pas économiquement, socialement ou politiquement, ce n’est pas là le champ d’action de DLF Bruxelles-Europe, encore que tout soit lié ; mais en ce qui concerne la linguistique, et par conséquent la culture et l’idéologie, qu’en est-il ?

Dans un premier temps, rien ne changera, probablement. Que l’anglais ne soit plus langue officielle, ou le reste avec le gaélique et le maltais, ce n’est pas encore très clair : au fil des interrogations, des déclarations, des coups de colère et de rejet, ou des questions plus pragmatiques (l’anglais sert de langue relais pour la plupart des derniers arrivants dans l’UE : modifier cet état de fait demandera du temps… et de l’argent), les annonces plus ou moins officielles sur le sujet varient. Il restera de toute façon pour longtemps l’une des langues « pivots»¹.
Et il restera la langue internationale des échanges – pour longtemps aussi.

Si nous n’avons rien contre l’anglais, et encore moins (si on peut dire) contre les Britanniques et le Royaume-Uni, nous avons tout contre la lingua franca que beaucoup pratiquent, croyant parler anglais : le globish n’est pas une langue, c’est un moyen de communication pauvre et approximatif.
Tout a été dit sur ses méfaits, depuis l’indigence des idées et de la pensée qui va avec cette pauvreté de langage, à l’hégémonie d’une vision du monde anglo-saxonne qui ne correspond pas aux valeurs initiales de l’UE, en passant par l’éloignement des citoyens européens d’élus et de fonctionnaires qu’ils ne comprennent pas, littéralement.

L’avenir sera-t-il au « tout-à-l’anglais » ? C’est faire une courte et sommaire analyse de la situation que de réclamer dès à présent la sortie de l’anglais en même temps que celle des Anglais ; cependant on peut préparer cet avenir : l’Europe a basculé dans le globish en un temps relativement court, elle peut en sortir.

Il en sera comme souvent : ce ne seront pas les annonces officielles qui modifieront les habitudes, mais les habitués eux-mêmes : se contenter de dire, comme on l’entend si souvent, il est trop tard, l’anglais (ou sa version simplifié) est incontournable, le pli est pris, n’apporte rien. Peut-être est-ce vrai ; peut-être aussi peut-on essayer de défroisser ce pli, repasser à nos langues respectives, et voir ce qui se passe : pour plus de 60 % de citoyens européens ne comprenant pas ou mal l’anglais, ce devrait être une amélioration.

En ce qui concerne l’Europe, ce qui est inévitable en tout cas à moyen terme, sauf à décider qu’on tient à l’anglais par-dessus tout, c’est moins d’anglais. On peut supposer que dans le climat actuel, nos dirigeants et nos élus se feront un devoir de montrer l’exemple et feront « l‘effort » de ne plus s’écrire, entre locuteurs de même langue, dans un anglais fautif, ou de s’adresser à leurs homologues étrangers dans leur propre langue. Ils disposent de services de traduction, si nécessaire.²
Reste à voir si ce sera une posture opportuniste, vite abandonnée pour un retour à la panade linguistique, ou s’ils saisiront l’opportunité du Brexit pour revenir aux langues de l’Europe, et avec elles à la diversité et à l’écoute des Européens.

Quant à l’obligation de l’anglais à l’international, rien n’est irréversible. Certes, on l’imagine mal être détrôné : si aux États-Unis l’espagnol pourrait selon des études sérieuses compter plus de locuteurs que l’anglais d’ici 2050, si le français est la seconde langue internationale avec 274 millions de locuteurs, et a l’avantage d’être parlé dans de nombreux pays sur les cinq continents (source OIF), l’anglais, adopté par l’Asie comme langue d’échanges internationaux, ne sera pas remplacé de sitôt.³

Souvenons-nous pourtant que le français, à l’étranger et dans toute la Francophonie sinon en France, reste encore la langue des Lumières, des Droits de l’homme, d’une certaine idée de la culture. À l’heure où hélas pour nos amis britanniques, et pour l’Europe peut-être, le repli et la méfiance l’ont emporté au Royaume-Uni, si nous écoutions La Fontaine : Quand le malheur ne serait bon / Qu’à mettre un sot à la raison, / Toujours serait-ce à juste cause/ Qu’on le dit bon à quelque chose… et transformions un échec en occasion de réaffirmer ces valeurs, de les exporter davantage plutôt que fermer des écoles françaises à l’étranger, ou vendre les Instituts français ?
Ce n’est pas le fait qu’une langue soit parlée qui fait rayonner sa culture, c’est le rayonnement de sa culture qui incite à la parler. Rayonnons !

Véronique Likforman

[1] Les traductions se font par exemple vers l’anglais, puis de l’anglais vers d’autres langues. Article sur les langues pivots prochainement sur le site.
[2] Et le citoyen lambda qui doit se débrouiller seul ? Help ?! Pourtant une solution existe, au moins pour une partie des langues de l’Europe : l’intercompréhension.
[3] Le chinois ou plutôt le mandarin est parlé par 715 millions de Chinois (plus de 1,3 milliard pour l’ensemble des langues chinoises), cependant il n’est parlé qu’en Chine : les idéogrammes – des milliers à apprendre pour seulement savoir lire – en font une improbable langue internationale.

Les langues de l’Europe
Intercompréhension (2)

DLF Bruxelles-Europe avait déjà publié un article sur l’intercompréhension.
(http://dlf-bruxelles.eu/?s=intercompréhension+)

Aujourd’hui, il s’agit de passer au concret, et de promouvoir ce qui pourrait, devrait être une solution au problème du multilinguisme en Europe et dans les institutions européennes, solution complémentaire à la traduction et à l’interprétariat.

Monsieur Jean-Claude Crespy, directeur de l’Alliance française Bruxelles-Europe, nous a fait le plaisir et l’honneur de venir parler de l’IC lors de notre assemblée générale le 24 mai. Vous pouvez écouter son intervention  M. Jean-Claude Crespy AG 24-05-16 ; en résumé il dit, et nous en sommes pleinement d’accord, que le multilinguisme tel qu’on essaie de l’appliquer – quand encore la volonté y est – ne fonctionne pas, ou mal : le recours à l’anglais, un anglais pauvre et fautif que nous ne cessons de déplorer, s’impose trop souvent.
Il est temps de chercher et d’appliquer ce qui donne des résultats ! DLF Bruxelles-Europe organisera une conférence, précédée si possible d’une initiation au dernier trimestre 2016.

En attendant, les ressources ne manquent pas. La DGLFLF (Délégation générale à la langue française et aux langues de France) a publié un rapport en 2015, que l’on peut télécharger sur le site : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Multilinguisme/References-Intercomprehension
dans lequel ces ressources sont répertoriées. 

L’OIF a organisé deux CLOM, l’un en novembre 2015, l’autre en avril dernier : ces CLOM sont principalement destinés aux enseignants désireux de faire pratiquer l’IC à leurs élèves ; ils n’en sont pas moins précieux pour se familiariser avec, et tester les possibilités de l’intercompréhension : les premiers résultats sont presque immédiats.

À suivre !

Les langues de l’Europe
Plurilinguisme bancaire ?

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La seule langue de travail de la Banque centrale européenne, depuis sa création, est l’anglais.

 

 

N’y aura-t-il que les banques allemandes pour refuser ce diktat ? Le mot dit bien qu’en l’acceptant, on entérine la défaite de sa propre langue.
Certes, les motifs des Allemands ont peut-être davantage à voir avec la politique monétaire européenne qu’avec le refus du tout-anglais ; pourtant c’est un pas vers le plurilinguisme. Puisque après tout ce refus est aussi celui de la vision socio-politico-économique et culturelle unique, corollaire d’une langue unique contre laquelle nous nous battons, saluons-le !

article :
https://fr.express.live/2016/04/19/banques-allemandes-communiquer-allemand-bce/

70e anniversaire de la revue Marginales !
jeudi 21 avril à partir de 20h

 

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Outre Jacques De Decker, directeur de la revue et Jean Jauniaux, rédacteur en chef, Jacqueline Rousseaux sera entourée de quelques auteurs tonitruants qui occuperont le terrain en lisant les textes parus dans un autre numéro jubilaire : celui consacré aux 400 ans de quelques pièces de William Shakespeare ! Lectures spectacles, improvisations, interviews décalées ou sérieuses, fabulations et extrapolations, uchronies et science-fiction, rien ne manquera pour faire de ce septantenaire un furieux hommage au livre, aux histoires, au roman dont le premier fut Don Quichotte qui ne sera pas oublié ! Quelques noms parmi ceux que vous pourrez rencontrer, écouter, lire au cours de cette soirée marginale : Thilde Barboni, Kenan Gorgün, Véronique Bergen, Élise Bussière, Jean-Pierre Orban, Corinne Hoex, Daniel Simon, Rose-Marie François, Yves Wellens, Luc Dellisse, Françoise Nice, Jean-Louis Lippert (et son alter ego Anatole Atlas), Françoise Lalande, Alain De Kuyssche… L’occasion faisant le larron: le même feu d’artifice associera le grand Will, la revue Marginales, mais aussi Cervantès ! N’oublions pas que le 23 avril 1616 s’éteignaient l’auteur de Hamlet et celui de Don Quichotte !

Bon pied, bon œil…
À septante ans, Marginales a encore bon pied bon œil. La plus ancienne revue littéraire de Belgique a connu différentes formules au cours des décennies. Fondée en 1945 par le poète, romancier et nouvelliste Albert Ayguesparse, elle était, à ses débuts, une revue littéraire de facture “classique”. Articles critiques, chroniques, comptes rendus et inédits constituaient l’essentiel de son sommaire auquel contribuait des signatures de prestige : outre Ayguesparse, René Meurant, Georges Linze, Alain Bosquet, Marcel Lobet, Jacques Crickillon, Carlo Bronne livraient leurs contributions bimestrielles. Pendant 46 ans, La revue des idées et des lettres paraîtra sans interruption. Recensions et articles critiques voisinaient avec des textes inédits de fiction courte ou des poèmes. À quatre reprises, des numéros spéciaux se consacraient à un seul écrivain : Franz Hellens, Ghelderode, Julien Gracq et Alain Bosquet. Dans ce numéro spécial consacré à Alain Bosquet, figurent des textes – courriers, commentaires, chroniques suivant les cas – de Marguerite Yourcenar, Albert Camus, André Gide, Cioran, Jean Cocteau, Reverdy, Roger Caillois…)

Des histoires pour comprendre l’Histoire…
En 1998 Jacques De Decker est élu à l’Académie Royale de Langue et Littérature Française de Belgique. Le nouvel académicien annonce la publication prochaine du numéro 230 qui inaugurera la renaissance de la revue. La nouvelle mouture se distingue de l’originale par le choix d’y publier exclusivement des textes de fiction courts ou de poésie et de renoncer aux essais critiques. L’éditorial de chaque livraison mériterait une publication permettant la lecture en continu du cheminement de la revue depuis cette renaissance en 1998. À n’en pas douter on y respirerait “L’air du temps”. On y décèlerait, à travers l’intuition littéraire qu’ils ont inspirée, une dimension inattendue des événements survenus en Belgique, en Europe ou dans le monde. La liste des titres constitue à elle seule une sorte de kaléidoscope à la Prévert du monde comme il va. Interrompant la succession de sujets graves qu’inspirait l’actualité politique ou sociale, Marginales envisage de façon régulière des thématiques culturelles ou “artistiques” au sens large.

Des histoires belges…
L’actualité communautaire belge a inspiré plusieurs livraisons, aux titres toujours d’actualité. Les détresses et les dérives qu’engendre la crise économique, sociale et financière a inspiré plus d’une livraison de la revue. La re-lecture de certains textes, des années après leur première parution, démontre à l’évidence combien certaines intuitions d’alors, exprimées par la création littéraire, se vérifient ensuite dans la réalité.

La fiction comme instrument de compréhension du monde ?
Marginales offre une perception originale de l’essentiel des grandes questions qui ont interpellé le monde au cours de ces dernières années. Seul texte de la revue qui ne relève pas de la “nouvelle”, l’éditorial rebondit sur l’ensemble des fictions que la thématique de la revue a engendrées pour, à partir de là, suggérer une nouvelle interrogation plus ample, qui donne non pas à comprendre, mais à garder les yeux ouverts, à nous rassurer en quelque sorte sur la complexité. Un auteur ne représente que lui-même, il est un vagabond solitaire sur les pistes du présent. Il capte et il répercute et de ce fait, il alerte et met en garde. Il ne prétend pas être omniscient, mais se mêle obstinément de ce qui ne le regarde pas. (Éditorial du numéro 254)

Et aujourd’hui…
Chaque trimestre, Marginales projette une lumière originale sur l’un ou l’autre événement de l’actualité. Dans son dernier numéro, inspiré par les débats concernant le vote de la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe en France, plusieurs fictions nous projettent dans le futur. Peut-être ces textes deviendront-ils des références comme aujourd’hui, 1984 de Orwell, si souvent cité ? “Ah! vous avez dû vous marrer, vous les Belges!” s’est exclamé Bernard Pivot en feuilletant un exemplaire de la revue. Il ne tient qu’à vous de rejoindre au CCU cette fameuse équipe pour fêter ensemble ce bel anniversaire et célébrer avec elle les joies de la littérature.

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Les langues de l’Europe
Sans le latin…

Article paru dans la revue DLF n°259, dans la rubrique Les langues de l’Europe

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Parmi les propos tenus par Vincent Peillon lors de la conférence DLF Bruxelles-Europe en juin 2015 – d’une clarté, d’une pertinence remarquables, sans langue de bois, et humour en prime –, une petite phrase surprenait pourtant : « … Seuls trois pour cent des latinistes du collège continuent le latin au lycée. » Cela pour minimiser l’absurdité, au moins en ce qui concerne les « langues anciennes », de la réforme en cours.

Est-ce à dire que les années passées à étudier les mathématiques, le dessin, la musique et autres matières abandonnées par ceux qui n’en auront plus l’utilité dès le bac en poche étaient vaines, temps perdu et fonds publics gaspillés ?

À quoi servent le latin, le grec ancien ? À rien. Sinon à former son esprit, à acquérir des qualités d’organisation, à être conscient de l’histoire du continent européen, de l’évolution de la pensée, de la place des religions et du sens des mots, indispensable à la communication, sans laquelle aucun dialogue n’est possible. Une gymnastique de l’esprit – une version latine, ce sont des difficultés à surmonter – qui nous aide à mieux comprendre notre propre langue et son évolution ; à penser notre langue, puis les autres.

Le latin, lui-même fortement influencé par le grec, qui l’a en quelque sorte poli mais dont il a rendu la syntaxe plus contraignante, a été durant des siècles la langue officielle de l’Europe. Son influence a perduré bien au-delà, et – quelle meilleure preuve de sa vitalité ! – il n’a pas chuté en même temps que l’Empire romain, est resté plus d’un millénaire la langue du droit, de l’érudition, des sciences.

Les langues européennes viennent, de près ou de loin, de la langue latine ; toutes n’en sont pas directement dérivées, mais toutes en portent la marque, et celle du grec, qui a apporté un vocabulaire scientifique universel.
Grec et latin sont les langues fondatrices de la culture, de l’éducation et de la technique occidentales ; les étudier lie les langues entre elles – linguistique,grammaire, systèmes grammaticaux, vocabulaire, mots d’emprunt et dérivés – et facilite leur apprentissage.

En latin comme en grec, les phrases se construisent selon l’importance des mots, des idées, ou simplement en fonction d’une harmonie célébrée par Fénelon : « Les Anciens facilitaient [...] les belles cadences, la variété et les expressions passionnées. Les inversions se tournoient en grandes figures, et tenaient l’esprit suspendu dans l’attente du merveilleux… » Le souci de la clarté et de la musique de la langue, ou la recette de l’éloquence !

Pourquoi le latin et le grec ? Pour ne pas perdre nos racines communes, celles de l’Europe. Pour s’initier à la diversité, pour ne pas s’enfermer dans « les fondamentaux utiles » quand l’incertitude de l’avenir devrait nous inciter à nous préparer à faire face aux situations imprévues. Le latin et le grec sont des clés ouvrant un univers, au même titre que l’art ou les mathématiques.

Churchill, à une proposition de réduire le budget de la culture au profit de celui de la guerre, répondit : « Mais alors pourquoi nous battons-nous ? » Nous ne sommes pas en guerre, ou si nous sommes en guerre, c’est précisément et avant tout contre la bêtise, l’inculture, les visions bornées, le refus de la diversité, l’incompréhension à la fois des religions et de la laïcité, qui conduit à l’intolérance et à une culture de la mort.
Est-ce bien le moment de supprimer des armes pour les combattre ? De supprimer ce qu’on appelait « Les humanités » quand on en a tant besoin, d’humanité ?

Et puis ! « Sans le latin sans le latin… »¹

Brassens_TNP_1966_f71. «Tempête dans un bénitier », de Brassens, à écouter sans modération.
Et à lire : Le latin est mort, vive le latin ! Petite histoire d’une grande langue, de Wilfried Stroh (Les Belles Lettres, 2008) ; La Grande Histoire du latin, des origines à nos jours, de Jurgen Leonhard (CNRS, 2010) et Sans le latin…, d’Hubert Aupetit et Cécilia Suzzoni (Fayard/Mille et une nuits, 2012).

Francophonie
Site Graines de baobab

                              Graines de baobab

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DLF Bruxelles-Europe, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et en partenariat avec Cafébabel Bruxelles, a mis en œuvre un projet lancé à l’occasion de la semaine de la francophonie.

Le site est annoncé sur le site de l’OIF :
http://www.20mars.francophonie.org/index.php?page=evenements&code_pays=BE-WAL&annee=2016

Il ne s’agit en aucun cas de cours, mais d’échanges en français, sur des sujets choisis par les participants, et selon leur disponibilité. Notre objectif, naturellement, est de participer à la promotion du français ; nous espérons aussi aider ceux, partout dans le monde, auxquels une meilleure pratique du français peut apporter beaucoup en termes de culture mais aussi de retombées économiques.

S’inscrire :    http://www.grainesdebaobab.eu

Le principe est fort simple : les participants se présentent en quelques mots – leurs coordonnées personnelles ne seront pas visibles – puis chacun pourra choisir un ou plusieurs correspondants, répondre, poursuivre ou non les échanges, sur le site ou par d’autres moyens. Un administrateur sera chargé de veiller au sérieux des inscriptions.

Grâce à Graines de baobab, des volontaires, francophones d’un bon niveau linguistique et ceux qui veulent le devenir ou simplement progresser peuvent correspondre, partager et faire partager aussi bien leur intérêt pour le français que leurs enthousiasmes – ou simples inclinations ! – dans les domaines de leur choix : philosophie, mathématiques, sport, astronomie, littérature, cinéma, arts…
Après s’être présentés et avoir expliqué en quelques lignes leurs centres d’intérêt, demandes et attentes, capacités ou projets, disponibilités et compétences, les participants peuvent communiquer via les outils du net (site, courriels, Facebook, etc.) sur les sujets qui les intéressent.

Les langues de l’Europe
« Reprenez donc du sauret ! » Délices de la langue française en Belgique

Article paru dans la revue DLF N° 258, dans la rubrique Les langues de l’Europe.

Liège Congrès 1905

 

C’était à Liège, faubourg de la langue française, dans les jardins de la Belgique. Nous sommes en 1905, et l’on prend le chemin de fer jusqu’à la capitale de la Wallonie pour participer du 10 au 13 septembre au « Congrès pour l’extension et la culture de la langue française ».¹

 

 

 

Jules Ferrer, professeur à l’athénée royal de Verviers, rappelle que la moitié de la Belgique est wallonne et parle, outre le français, des patois romans, résultats de la double invasion des Francs saliens et ripuaires : les mots d’origine germanique nous font constater qu’il y a une lisière linguistique où les langues se compénétrèrent (sic), voisinant dans une fraternité d’usage et d’emprunts dont on n’a plus d’idée aujourd’hui. Rien n’interdit l’hypothèse d’une longue période de bilinguisme, « sans patriotisme ni sentimentalité ». La langue française est une soeur aînée qui doit protéger ses soeurs cadettes, timides Cendrillon qui n’ont pas osé revêtir la robe de bal et les souliers blancs, bien qu’elles aient des grâces cachées et des naïvetés charmantes.

La littérature française en Belgique, affirme Hubert Krains, le conférencier suivant, traite avec talent de sujets dramatiques, mais le plus souvent, c’est le franc rire gaulois qui claironne au-dessus de ses histoires. Ces idylles émouvantes se placent de préférence dans les fermes condruziennes carrées et massives comme des châteaux forts, dans un style qui flâne, murmure et cascade tel un clair ruisselet. C’est là qu’apparaissent dans la langue française ces fées et ces héros qui sont les âmes immortelles de nos vieux châteaux légendaires, avec la grâce de nos collines, la mélancolie de nos plaines et la douceur de notre ciel… Mais si une grande oeuvre de décentralisation s’opère dans la littérature française, la province ne peut l’emporter sur la ville, ni, sans faire de chauvinisme, la Belgique sur la France : revenir au sol natal, c’est revenir à la nature et à la vie. Ce à quoi une phalange d’écrivains débutants, Van de Putte, Toisoul, Cornet, Delattre, Doumont, et une dizaine d’autres rétorquent que plus une littérature s’alimente à des régions diverses et plus elle a de chances de se renouveler et de prospérer. Le docteur en philosophie F. Mallieux, avocat à la cour d’appel de Liège, rappelle que les mots sont des papillons dont les ailes sont chargées de couleurs plus vives et plus variées suivant les climats, ou encore des carrefours, croisements de routes plus ou moins nombreuses. En abandonnant la pureté de sa langue, l’esprit français n’a rien perdu de sa généreuse souplesse ni de ses facultés généralisatrices.

Existe-t-il un « parler belge » et que faut-il entendre par là ?, s’interroge Gustave Cohen, lecteur à l’université de Leipzig. Il veut amuser la galerie avec un tonitruant « vous êtes belge, pour une fois, savez-vous ! », qui ne fait rire que les Parisiens. Et se moque d’eux en citant Musset, qui fait dire à Valentin, dans Il ne faut jurer de rien, acte III, scène 3 : « Ce billet doux que je viens de recevoir n’est pas si niais, savez-vous ? » Mais oui, en Belgique, il y a un idiome spécial pourvu d’une phonétique, d’un vocabulaire, d’une morphologie et d’une syntaxe que l’on ne trouve pas en France, même en province, précise-t-il. Ces belgicismes, ou belgismes, ou wallonismes, ou flandricismes prouvent que cet idiome est bien vivant, puisqu’il créé des mots nouveaux, assimile des éléments étrangers, se développe et se perpétue. Il drache pour « il pleut à torrents », il fait cru pour « il fait froid », à c’t’heure pour « maintenant », en mangeant du sauret, du « hareng saur ».

Seize conférenciers se succédèrent durant les trois jours de ce Congrès. Pour tous, l’extension de la langue française était liée à celle de sa culture : « La langue, élément essentiel de toute activité dans la vie internationale, facteur essentiel de l’idéal démocratique et nouveau de la civilisation contemporaine, dont la tranquillité présente nous préservera à jamais d’une nouvelle guerre. » Oui, nous sommes en 1905. Tout va bien. Un siècle de paix devant nous, reprenez donc du sauret.
Comment se dire adieu, la bouche pleine ?

Ambroise Perrin, DLF Bruxelles-Europe.

¹ Larges extraits de ces conférences de Liège 1905 sur le site.

Le français dans le monde
L’OIF

Article paru dans la revue DLF n°258, dans la rubrique Le français dans le monde

carte francophonie  - Version 2

L’OIF, l’Organisation Internationale de la Francophonie représente la Francophonie –terme datant de la fin du 19e siècle–, 274 millions de personnes de par le monde parlant français ; quatre-vingts États et gouvernements sont membres, ou observateurs de l’OIF.
 

Michaëlle Jean, désignée au Sommet de Dakar en 2014 pour succéder à Abdou Diouf, en est secrétaire générale depuis janvier 2015.

Au vu d’un questionnaire adressé à un « échantillon représentatif », il n’est pas certain que les citoyens français prennent la mesure de l’importance de l’OIF.
C’est une organisation puissante, avec des Représentations permanentes auprès de l’Union Africaine et de la Commission économique de l’Afrique, de l’Union européenne, des Nations unies ; des bureaux à Lomé, Libreville, Hanoï, Port-au-Prince et Bucarest ; un budget annuel moyen de 85 millions d’euros.

L’OIF s’appuie sur une assemblée consultative, sur l’Agence universitaire de la francophonie, l’université Senghor d’Alexandrie, l’Association internationale des maires francophones, et sur TV5 monde, second réseau international de télévision diffusé auprès de 215 millions de foyers dans près de deux cents pays.
Bref, l’OIF représente une force politique et économique considérable, très active dans de nombreux domaines intéressant de près les « hommes de bonne volonté ». Son action ne se limite pas à la langue française et à la diversité culturelle et linguistique.

Ses orientations pour les années à venir concernent plus particulièrement les jeunes et les femmes –et l’égalité des sexes– avec l’ambition de favoriser leur engagement dans la création et leur participation à l’économie de la culture ; il s’agit aussi de contribuer au renforcement de la démocratie, des droits de l’homme, de l’état de droit et du rôle de la société civile ; de contribuer à la prévention des conflits, de consolider la paix, la sécurité et la stabilité, et d’améliorer ainsi les conditions de vie des populations ; de renforcer l’accès à l’éducation, de soutenir la mobilité au sein de l’espace francophone et la mise en réseaux des universités, afin de permettre la circulation et l’échange de savoirs, de talents, et d’innovations. Il faut ajouter le développement de la transition énergétique durable, et la lutte contre les dérèglements climatiques.

Qui ne soutiendrait et n’applaudirait un tel programme et de telles ambitions ?
Pour avoir une chance de les réaliser, la grande Francophonie économique prônée parfois est-elle possible ? Elle bénéficierait d’une richesse culturelle, d’une diversité géographique, avec en prime une langue commune. Cet espace économique bénéficierait aussi bien aux pays pauvres qui ont besoin de se développer, qu’aux plus riches qui trouveraient là un marché en pleine expansion .

Un espace qui s’y prête parce qu’il est à l’image de l’état de la planète : un espace, réparti sur les 5 continents ; un espace aussi des plus contrastés : avec ses inégalités et ses disparités de développement, ses crises et ses conflits, ses défis, ses menaces mais aussi ses forces, son extraordinaire diversité, ses capacités de faire, de créer, d’innover. (Michaëlle Jean)

Dans le même discours prononcé à Liège en juillet 2015, Michaëlle Jean faisait part de son inquiétude face au déclin de la langue française dans les institutions européennes et internationales, et à l’abdication trop fréquente devant le dictat de l’anglais.
Ce qui est en jeu, enfin, c’est la démocratie à l’échelle internationale qui a aussi à voir avec la langue. Car, contraindre des fonctionnaires internationaux, des ministres, des négociateurs, à s’informer, à travailler, à s’exprimer dans une langue unique, en anglais seulement… c’est les placer surtout en situation d’inégalité face à un interlocuteur anglophone qui s’exprime, lui, dans sa langue maternelle.

Mais reconnaissons aussi nos comportements, comment nous capitulons trop facilement, trop rapidement, trop systématiquement. Autant de comportements dont on ne mesure pas assez les conséquences pour l’avenir, pour nous-mêmes, pour le monde… Pourquoi ce manque de conviction et de volonté lorsqu’il s’agit de défendre le français, et par là même toutes les autres langues officielles et de travail ?
Dire de la langue anglaise qu’elle est la langue du tout monde, c’est accepter que le tout monde ne se dise qu’en anglais.

DLF ne dit pas autre chose depuis longtemps. Si les francophones et les locuteurs d’autres langues renoncent, tout naturellement l’anglophonie occupe les places abandonnées.

C’est grand dommage, car le français n’est pas seulement une langue littéraire, c’est aussi une langue de créativité, d’innovation, de développement économique... avec un formidable potentiel économique pour l’avenir, une façon rationnelle de poser les problèmes et d’en rechercher les solutions, mais toujours par référence à l’Homme. (Léopold Senghor)

Un grand merci à l’OIF de se battre pour notre langue, pour le multilinguisme et l’intercompréhension.
Il faut visiter le site (http://www.francophonie.org/), lire les discours, s’informer des actions en cours, des appels d’offre, des concours, des cours en ligne gratuits, pour se rendre compte de la vitalité de l’OIF.

Les Français attachés à la culture, à la diversité, aux valeurs humanistes véhiculées par leur langue ne peuvent que désirer voir cette vitalité reconnue en France, comme dans le reste du monde francophone.

Soirée-théâtre DLF Bruxelles-Europe
C’est ici que le jour se lève

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DLF Bruxelles-Europe

vous propose de venir voir la pièce de nos amis 
Rolland Westreich et Sam Touzani 
au Théâtre Le Public 
le mercredi 18 novembre.

 

 

Nous nous retrouverons à 20 h devant le théâtre, et à 20 h 10 Ambroise Perrin, président de DLF Bruxelles-Europe vous présentera les auteurs, 

Rolland Westreich et Sam Touzani

à 20 h 30 :

C’est ici que le jour se lève
 
La soirée se poursuivra à 21 h 45 par une réception amicale – boissons et petits fours –  avec les actrices et acteurs.

Théâtre Le Public, rue Braemt 64-70, 1210 Bruxelles, http://www.theatrelepublic.be/ 

Réservation indispensable par courriel auprès de DLF Bruxelles-Europe :  
Vous pouvez régler le montant, 25 euros *(spectacle et réception) par virement bancaire,
IBAN : BE87 3631 4016 0794 – BIC : BBRUBEBB, ou prévoir de régler sur place.
Vous aurez aussi la possibilité de commander un plat au restaurant du théâtre.
*Tarif adhérents : 20 euros

 

 

C’est ici que le jour se lève est la première collaboration de la chorégraphe et metteuse en scène Isabella Soupart et de l’acteur et auteur Sam Touzani, autour d’un texte écrit en duo par Sam Touzani et Rolland Westreich. C’est ici que le jour se lève est un album d’instantanés relationnels, d’émotions et d’expressions sur la fragilité d’une relation amoureuse. Un homme et une femme oscillent entre rêve et action, amour et trahison, désir d’enfant et révolte, souvenirs et tradition. L’homme s’interroge, dialogue avec son père, consulte sa psychanalyste, évolue au sein d’un paysage mystérieux et sublime. Entre fiction et réalité, la mise en scène brouille les pistes, dans une mise en abîme qui combine danse, théâtre, sons, images et musique live.

Avec Sam Touzani,  Éléonore Valère-Lachky, et Malena Sardi.
Isabella Soupart est formée aux arts plastiques, à la danse classique et contemporaine ainsi qu’aux arts du mouvement et de la parole. Son œuvre de mise en scène se situe aux confins de l’installation et de la performance, du théâtre et des arts plastiques, de la danse et de l’architecture.
Sam Touzani est comédien, danseur-chorégraphe, auteur, metteur en scène. Homme de spectacle autant que de cœur et de lettres autant que de parole, amoureux de la langue française, il jongle avec les mots, les idées, la vie.
Rolland Westreich est romancier et animateur d’ateliers d’écriture. L’écriture est sa nationalité d’élection.
Éléonore Valère-Lachky est performeuse, danseuse, chorégraphe et professeure de danse. Elle travaille, entre autres, sur la physicalité des émotions.
Esse Vanderbruggen est danseuse, engagée dans de nombreuses œuvres de danse contemporaine.
Shantala Pèpe est une artiste chorégraphique, qui explore les multiples techniques des arts du spectacle et participe régulièrement à des projets multidisciplinaires.
Malena Sardi est musicienne, guitariste et compositrice.

 

RUE BRAEMT 64-70, 1210 BRUXELLES
Fléché à partir de la Place Saint-Josse et de la Chaussée de Louvain
Garez votre voiture au Parking Scailquin, rue Scailquin 61 (station Octa+).
Une navette Le Public vous conduira de la sortie du parking au théâtre, entre 18h30 et 20h15 (dernier départ). Retour à l’issue de votre soirée spectacle ou restaurant.
MÉTRO : Madou (ligne 2 et 6)
BUS : lignes 29 (Hof ten Berg), 63 (Maes), 59 (Bordet), 65 (Bourget)