7. De quelques villes qui ont changé de nom

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1. De quelques villes homonymes

2. Villes dont le nom a évolué

3. Istanbul et son emblème

4. Honni soit qui mal y pense ! Bordeaux, ou les « bordels »

5. Prononciation du nom de quelques villes

6. Gentilés urbains

 

 

À côté des villes dont le nom a évolué et de celles qui ont été rebaptisées brutalement (celles-ci feront l’objet d’un prochain article), il est des villes qui ont changé de nom naturellement, soit que le nom ait été traduit dans la langue locale, soit qu’il ait été adapté à cette langue, soit qu’il ait été remplacé par le nom local, soit qu’il ait été rétrogradé au rang de nom de quartier d’une ville plus importante ou, au contraire, que le nom d’un quartier soit devenu le nom de la ville.

Villes d’Alexandre le Grand

Parmi les villes conquises ou fondées par Alexandre le Grand, Alexandrie Margiane (Turkménistan) est devenue Merv, puis Mary ; Alexandrie du centre de l’Afghanistan été renommée Harat ou Herat ; et Alexandrie d’Arachosie (Afghanistan) a pris le nom de Kandahar (célèbre pour être une place-forte des talibans).

Quant à Alexandrette, actuel port turc près de la frontière syrienne, attribué à la Turquie par le traité de Lausanne (1923), son nom avait simplement été arabisé en Iskenderun après sa prise par les Mamelouks en 1268.

Tout comme celui de l’Alexandrie du delta du Nil avait été arabisé en al-Iskandariyya.

Villes du Proche-Orient

La ville d’Acre, née de la forteresse des Croisés, est devenue la ville israélienne d’Akko.

Les villes phéniciennes de Byblos, Sidon et Tyr sont devenues les villes libanaises de Djebail, Saydā et Sour.

La ville de Laodicée est devenue la ville syrienne de Lattaquié.

Le cas de Byzance, devenue Constantinople, devenue Istanbul a été évoqué précédemment.

Villes de l’Europe méridionale

La Crète devient un état autonome sous administration européenne en 1898, proclame son rattachement à la Grèce en 1908 et se libère totalement du joug turc en 1913. Ses villes principales de Candie et La Canée prennent alors le nom de Heraklion et Khaniá.

Après la création de la Yougoslavie (1918), les Croates ont renommé les anciennes villes austro-hongroises de Fiume (en italien) et Raguse (Ragusa en italien), respectivement Rijeka et Dubrovnik. Au nord-ouest de Dubrovnik se trouvait Salona (en italien, Salone), ancienne capitale de la province romaine de Dalmatie. Non loin de là, l’empereur Dioclétien fit construire au début du IVsiècle un vaste ensemble palatial rectangulaire autour duquel les anciens habitants de Salona construisirent une ville nouvelle, Spalato (en italien), devenue Split en croate. En s’étendant, cette ville finit par rejoindre Salone, devenue entre-temps Solin, qui n’en est plus que la banlieue.

À ne pas confondre avec Spolète (Spoleto en italien), ville italienne d’Ombrie.

En Europe septentrionale

Mentionnée dès 1547, Altona, sur l’Elbe, fut danoise en 1640 et se développa au point de faire concurrence à Hambourg. Incendiée en 1713 par les Suédois, elle se reconstruisit et reprit son importance. Il s’y publia à partir de 1803 et jusqu’en 1808 ou après un journal bihebdomadaire en langue française, L’Abeille du Nord. Devenue prussienne en 1866 Altona fut, en 1937, incorporée par Hitler à Hambourg, dont elle devint un quartier résidentiel septentrional.

C’est vers 1048 que le roi viking Harald III Hårdråde fonde, au sud-est de la Norvège, la ville d’Oslo. Celle-ci devient la capitale du pays sous Haakon V (1299-1319) qui a fait construire, un peu plus à l’ouest, la forteresse d’Akershus. Lors de l’Union de Kalmar (1397), Norvège, Suède et Danemark sont réunis sous une royauté danoise. Incendiée en 1624, la ville d’Oslo est reconstruite par le roi Christian IV plus près de la forteresse d’Akershus et prend le nom de Chistiania, qui demeurera le sien trois siècles durant. Capitale de la Norvège indépendante (1905), la ville reprend, le 1er janvier 1925, le nom d’Oslo, qui était resté celui de son faubourg oriental.

En Finlande

Fondée au XIIIsiècle par les Suédois sous le nom d’Åbo (Aabo), la ville fut la capitale administrative et culturelle de la Finlande suédoise jusqu’en 1809, puis russe jusqu’en 1829. Elle prit le nom de Turku à l’indépendance du pays en 1918.

Fondée en 1550 sous le nom de Helsingfors par le roi de Suède Gustave IerVasa, fortifiée en 1749, reconstruite après un incendie, la ville ne devint qu’en 1829  sous le nom d’Helsinki le siège d’un gouvernement autonome du grand-duché russe de Finlande, puis la capitale du pays en 1918 lors de l’accession de celui-ci à l’indépendance

Fondée par les Suédois sous le nom de Björneborg, cette ville prit le nom de Pori à l’indépendance de la Finlande en 1918. Elle fait partie de la province de Turku-Pori.

 

Stéphane Brabant

Prochain article en novembre 2018

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