Il existe des méthodes, dont la méthode Eurocom, avec les sept tamis – conçue par, et pour des germanophones. Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site : http://www.atelierdeslangues.ch/module/2/1/4

Mais on peut commencer avec les deux extraits ci-dessous – ou d’autres. L’IC ne « s’apprend pas », les stratégies varient selon chacun, et le but recherché : on va se servir de ce que l’on sait déjà pour comprendre le mieux possible. Si ce n’est pas suffisant, quelques heures d’étude – ou de révisions – des règles de grammaire et de syntaxe communes aux langues romanes, éventuellement des particularités propres à l’une d’elles permettront d’avancer très vite.

Même dans un texte transparent comme le premier, à plus forte raison dans le second, quelques mots peuvent bloquer la compréhension ; surligner ce que l’on comprend / pense comprendre, va aider à se concentrer sur ce que l’on sait plutôt que l’inverse. On peut lire à voix haute après avoir fait cette sélection, pour mieux saisir les ressemblances. Et pour ce qui reste incompris, pourquoi ne pas appliquer la méthode « schtroumpfs » recommandée par de distingués linguistes… et très efficace !

Document 1 :

Commissione europea , Vertice dei leader europei per rilanciare l’economia – 07/12/2011 

Consiglio europeo dell’8 e 9 dicembre 2011: il tema principale sarà il governo dell’economia nell’area dell’euro  , seguito da energia, e nuove adesioni all’UE. 

I leader europei  prenderanno in esame la situazione economica generale dell’UE e  i provvedimenti da adottare per favorire la crescita e l’occupazione.  Valuteranno una serie di proposte per controllare i progetti di bilancio e  tagliare di tutti i paesi dell’area dell’euro, con una ancora più attenta vigilanza sull’economia e i bilanci dei paesi  in preda ad una grave instabilità finanziaria  o che hanno bisogno di misure di salvataggio. 

Modifica del trattato 

I leader esamineranno  inoltre l’opportunità di emettere degli eurobond, ad esempio per ridurre e stabilizzare i tassi d’interesse  che i paesi  devono pagare per ottenere un prestito. 

Sans connaître l’italien, on sait qu’il s’agit d’un extrait de document publié par la Commission européenne ; le titre donne le contexte, et un premier exemple : si le mot Vertice est inconnu, les habitudes incitent à ne plus voir que lui. En le remplaçant par « schtroumpf », par « machin » ou autre, on devine réunion, sommet, ou même un sens plus éloigné : ce n’est pas un obstacle à la compréhension globale.

Ce qui se comprend aisément – variable selon chacun – est surligné. Ce que l’on peut deviner en seconde lecture grâce aux mots déjà compris est en rouge. Deviner : le sens général est le même, que les dirigeants européens se penchent sur, s’occupent de, étudient… ou, plus loin, décisions, mesuresexamineront, prendront etc. (pour valuteranno, on fera, ou pas, le lien avec la racine d’évaluer.)

Pour le reste : l’occupazione, on sait qu’il ne s’agit pas « d’occupation » ; venant après les mots « favoriser la croissance et… », l’occupazione devient transparent. En lisant à voix haute o che hanno bisogno, inoltre : la prononciation de che est en général connue, la ressemblance à l’oreille entre besoin et bisogno – précédant « di misure di salvataggio » – entre oltro et outre, autre, permettent de comprendre. Pour peu qu’on se souvienne de titres de livres ou de films (I Vitelloni…), on sait traduire les quelques i (et les di par la même occasion).
Si rien de tout cela ne vient naturellement au début, l’important est d’avoir saisi l’essentiel… et de continuer à s’exercer. La rapidité des progrès écarte le risque de se décourager, ce qui arrive souvent avec l’apprentissage classique d’une langue.

 

Document 2 :
Secretarul general NATO, Jens Stoltenberg, l-a felicitat pe preşedintele american ales, Donald J. Trump, pentru victoria sa în alegeri, dar există analişti care consideră că ajungerea lui Trump la Casa Albă este de natură să producă un şoc de incertitudine în Europa şi alianţa care pentru o jumătate de secol s-a bazat pe sprijinul militar american din primele zile ale Războiului Rece.
„Ne confruntăm cu un mediu de securitate nou, provocator, care include războiul hibrid, atacurile cibernetice şi ameninţarea terorismului. Conducerea SUA este mai importantă ca niciodată”, spune secretarul general al NATO, Jens Stoltenberg, într-o declaraţie. „Un NATO puternic este bun şi pentru Statele Unite ale Americii şi pentru Europa”, a adăugat Stoltenberg.

Exercice un peu moins facile avec le roumain : des mots et structures d’autres familles de langues s’y sont glissés pour d’évidentes raisons géographiques. On reconnaît les noms propres, des mots transparents dans cet article de Curierul national, et – connaissant le contexte – on a une idée du contenu.

Appliquer deux des « sept tamis » de la méthode Eurocom : les mots internationaux auxquels l’on ajoute les noms propres pour simplifier, et les mots d’origine latine communs aux langues romanes, sans oublier de lire à voix haute rend l’essentiel accessible. Sans être indispensables, des connaissances en espagnol ou en italien facilitent la compréhension. Un bon lecteur va vite deviner le sens de quelques mots supplémentaires (adăugat, nou, bun ne sont pas en bleu quoiqu’ils soient transparents ici, car ils le seraient moins dans un autre contexte) et de certains mots de liaison.

On ne comprendra pas tout, mais presque¹. Que faut-il faire de plus ? Très peu au regard de l’apprentissage d’une langue : repérer au mieux les verbes dans le texte, et les terminaisons si possible (inutile de les savoir par cœur, cela viendra progressivement, d’autant mieux qu’il y a des similitudes dans toutes les langues romanes) ; apprendre quelques mots charnières (ainsi, pour, car… ) – il s’agit seulement de les reconnaître quand on les lit, non de les retenir pour être capable d’écrire soi-même en roumain.

Avoir sous la main les outils des liens suivants, ceux du site Eurocom :
la liste de mots communs aux langues romanes :  mots-romans mots-langues-romanes dont on aura rarement l’utilité, la plupart sont transparents ;
celle des préfixes et suffixes :prefixes-langues-romanes presque tous déjà connus ; quand les pour, qui, que, car, ainsi, etc. seront identifiés, il restera ce que la méthode Eurocom nomme les mots « profils » : spécifiques à une langue, qui n’existent pas dans les autres langues romanes : langues-romanes-mots-profils

Et, en dehors de l’entraînement avec des textes choisis, se rendre sur les sites répertoriés dans l’article L’intercompréhension, maintenant.

Il faut de 30 à 50 heures pour lire une langue romane : bien peu au regard du temps nécessaire pour apprendre une langue – qu’on finit par connaître en partie au moins, en continuant à la lire et à l’écouter.

¹ Si en quelques minutes on comprend que le secrétaire général de l’OTAN a félicité Donald Trump après son élection, que cette élection est source d’incertitudes en Europe, qu’il est question d’alliés, de forces militaires américaines, d’être confrontés à des problèmes de sécurité, y compris des cyber-attaques, de menaces terroristes, de l’importance « de la conduite » des États-Unis, c’est déjà beaucoup ; si de plus on a compris cela sans avoir besoin de le formuler en français, c’est encore mieux.


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